Vaste question, en fait petite j’étais déjà attirée par les jeux où je me retrouvais prisonnière (gendarme/voleurs, cow-boy/indiens…)
J’ai toujours été fascinée par les histoires d’enlèvements où des jeunes filles innocentes et éplorées tombaient amoureuses du kidnappeur sauvage mais tellement romantique. Puis toute mon adolescence a été bercé par l’œuvre du couple Anne et Serge Golon « Angélique » pendant des années j’ai lu et relu tous les tomes de la série, et pourtant je n’ai jamais vu le film (il faut dire que j’avais tellement fait joué mon imagination que j’ai toujours eu peur d’être déçue par la mise en image de l’histoire). Je ne sais pas si tout cela a un rapport avec le bdsm, mais une chose est sure, pour moi le comble du romantisme et de l’amour était d’être enlevée par un beau ténébreux qui me dompterait et me forcerait à l’aimer pour mon propre bonheur (je sais que ça fait cliché, mais ne riez pas je vous en conjure)
Voilà pour ma partie « enfance » et « rêve », cela pourrait être une explication à ma vie actuelle mais malheureusement ça n’est pas le cas. Même si j’ai la certitude que l’imaginaire a eu une grande importance dans ma vie, la réalité occupe malgré tout la part la plus importante dans la construction de mon « moi ».
Pourquoi suis-je devenue soumise ? Parce que j’ai été élevée comme cela tout simplement. Je viens d’une famille où le summum du bonheur féminin était de s’occuper des enfants et de servir le mari, et où certaines lois n’étaient pas posées, en particulier l’inceste. Ça y est, le mot est lâché. Alors inceste par procuration pour ce qui est des parents et inceste familial pour d’autres (grand-père, cousins). Pendant des années j’ai tout banalisé, il faut dire que mon propre père trouvait des excuses aux autres, leurs vies étaient tellement dures ils avaient des circonstances atténuantes et puis j’allais être une femme, j’allais me marier, et ça serait ma vie non ? Il y a des choses tellement plus graves dans l’existence que ce genre de détail qui n’empêche pas le monde de tourner. La preuve, je suis devenue adulte, je me suis mariée et j’ai eu des enfants alors...
Aujourd’hui je sais, je suis une psychothérapie et je sais que mon père était un malade il m’a détruite et pour continuer le travail (que je ne devais pas trouver assez complet) j’ai trouvé le moyen d’épouser (je vous le donne dans le mille) un malade. Eh oui, en psychologie cela se nomme une reproduction. Je me suis soumise à mon mari, dans le cadre d’une relation vanille bien entendu, sans m’en rendre compte. Je me suis enfoncée dans une relation totalement destructrice, acceptant tout : les insultes, les moqueries, la solitude, la dévalorisation constante, toute la violence psychologique qu’un être humain peut déverser sur un autre être humain. Et le pire c’est que la motivation de son comportement était l’amour qu’il avait pour moi. Il me disait tout haut ce que les autres pensaient tout bas et tout ça c’était pour m’aider bien sûr. Heureusement je me suis réveillée à temps, et la seule fois où il a failli lever la main sur moi (forcément je devenais de moins en moins docile) je l’ai quitté, je me suis sauvée, j’ai failli tout perdre ce jour-là (pas au niveau matériel, de toute manière je sais que je ne récupérais jamais rien) mais au niveau de mes enfants il s’est vengé, a failli réussir, mais la justice veillait…
Mais le bdsm dans tout çà, où est-il ? Eh bien, il était là, présent mais tu et bien caché. Bon, c’est vrai que j’avais un peu tâté le terrain (très légèrement bien entendu) mais pour lui c’était de la perversion, et ceux qui pratiquaient des malades (risible lorsqu’on pense à sa propre personnalité, mais à l’époque je n’en avais pas conscience bien sûr).
En fait c’était ancré au fond de moi, c’était mes fantasmes mais à l’époque je croyais que le propre d’un fantasme c’était de ne jamais être réalisé. De temps en temps je faisais quelques recherches sur internet, c’est là que j’ai appris le nom, que j’ai compris que je n’étais pas une rareté souffrant d’un mal inconnu. Il y en avait d’autres, même si en ce temps là je ne trouvais pas beaucoup d’informations sur la toile, je me rappelle en particulier d’un site (le seul que j’avais trouvé) Laïka, dressage d’une jeune femme soumise. Depuis, son Maître s’est transformé en Maîtresse et ils sont devenus des professionnels du bdsm (leur site est devenu payant d’ailleurs) en tout cas, si un jour elle venait à lire ces quelques lignes (on peut toujours rêver non ?) elle saura que j’ai appris beaucoup sur son premier site. Je rêvais d’appartenir à un Maître, je savais que des personnes se rencontraient sur la toile, mais il était hors de question d’aller avec un autre homme que mon époux, et en plus je ne me voyais pas du tout passer à l’acte avec un total inconnu. C’était totalement rédhibitoire pour moi.
Mais j’avais un ami. Je le connaissais depuis longtemps. C’est à lui que je me suis confiée lorsque j’ai craqué. C’est lui qui m’a expliqué ce que c’était la violence conjugale, il m’a forcé à voir ce que je refusais depuis tant d’année. Il m’a forcé à en parler à d’autres (des femmes surtout pour qu’elles me fassent prendre conscience que la vie d’une épouse ce n’était pas çà). Il m’a soutenu, écouté pendant des heures alors qu’il devait partir travailler le lendemain. Le téléphone illimité a été d’une utilité phénoménale. Un jour il m’a fait part de ses sentiments pour moi. Il m’a fait entrevoir une porte de sortie vers le bonheur, j’étais dans un autre monde. Et puis nous aimions écrire tous les deux, et nous nous sommes aperçus que nous avions les mêmes fantasmes, les mêmes désirs. Nous étions les deux côtés d’une même pièce
Nous n’avons pas fait de virtuel, je parlais, il parlait, nous nous écoutions. On savait qui on était, on connaissait nos sentiments, mais j’étais mariée et des centaines de kilomètres nous séparaient. Je me révoltais de plus en plus contre les exigences de celui qui était mon mari, je n’avais plus peur, jusqu’au jour où je me suis sauvée et j’ai atterri chez ce célibataire endurci qui m’a ouvert la porte de la même manière qu’il m’avait ouvert son cœur.
Nous sommes devenus un couple bdsm vivant en 24/7. Evidemment ça ne s’est pas fait tout seul, nous avons tâtonnés, nous nous sommes cherchés. En plus nous accumulions les difficultés : vie de couple, enfants, divorce plus que conflictuel, argent, dépression (j’ai failli m’écrouler) mais pas à pas notre vie s’est construite, chacun a pris ses marques dans une nouvelle configuration familiale.
Mon Maître ne connaissait absolument rien au monde du bdsm. Nous avons surfé ensemble, nous avons fait des recherches, nous avons rédigé un contrat qui reprenait les fameuses 12 règles de soumission. C’était une erreur, totalement inapplicable dans notre cadre de vie. En fait le contrat actuel est le résultat de 2 ans de vie commune et de 4 contrats signés et remaniés (si je le précise, c’est pour que ceux et celles qui nous lisent sachent que rien n’est figé et que l’on doit faire évoluer un contrat si il ne nous convient pas).
Nous avons acheté nos jouets ensemble, nous les avons testés et découverts et surtout nous nous sommes aimés. Maintenant j’ai la conviction absolue que je n’aurais pas pu offrir mon corps, si je n’avais pas offert mon cœur en même temps. Je n’aurais pas pu me donner à quelqu’un qui ne m’aimait pas. Grâce à lui je me découvre un peu plus chaque jour, mais je pense que c’est réciproque. Nous évoluons et nous grandissons ensemble, peut-être pas toujours au même rythme. Il y a des petits accrocs parfois, le bdsm ne règle pas tous les problèmes du quotidien (j’espère ne pas trop vous décevoir), mais le dialogue, la confiance, le respect et l’amour si.
Aujourd’hui je suis Thysminia, chienne soumise de Maître Dephysios, et je m’en porte très bien. De toute ma vie je ne me suis jamais sentie aussi protégée, câlinée et respectée qu’à l’heure actuelle.
J’aime et je suis aimée : que rajouter de plus ?
J’ai toujours été fascinée par les histoires d’enlèvements où des jeunes filles innocentes et éplorées tombaient amoureuses du kidnappeur sauvage mais tellement romantique. Puis toute mon adolescence a été bercé par l’œuvre du couple Anne et Serge Golon « Angélique » pendant des années j’ai lu et relu tous les tomes de la série, et pourtant je n’ai jamais vu le film (il faut dire que j’avais tellement fait joué mon imagination que j’ai toujours eu peur d’être déçue par la mise en image de l’histoire). Je ne sais pas si tout cela a un rapport avec le bdsm, mais une chose est sure, pour moi le comble du romantisme et de l’amour était d’être enlevée par un beau ténébreux qui me dompterait et me forcerait à l’aimer pour mon propre bonheur (je sais que ça fait cliché, mais ne riez pas je vous en conjure)
Voilà pour ma partie « enfance » et « rêve », cela pourrait être une explication à ma vie actuelle mais malheureusement ça n’est pas le cas. Même si j’ai la certitude que l’imaginaire a eu une grande importance dans ma vie, la réalité occupe malgré tout la part la plus importante dans la construction de mon « moi ».
Pourquoi suis-je devenue soumise ? Parce que j’ai été élevée comme cela tout simplement. Je viens d’une famille où le summum du bonheur féminin était de s’occuper des enfants et de servir le mari, et où certaines lois n’étaient pas posées, en particulier l’inceste. Ça y est, le mot est lâché. Alors inceste par procuration pour ce qui est des parents et inceste familial pour d’autres (grand-père, cousins). Pendant des années j’ai tout banalisé, il faut dire que mon propre père trouvait des excuses aux autres, leurs vies étaient tellement dures ils avaient des circonstances atténuantes et puis j’allais être une femme, j’allais me marier, et ça serait ma vie non ? Il y a des choses tellement plus graves dans l’existence que ce genre de détail qui n’empêche pas le monde de tourner. La preuve, je suis devenue adulte, je me suis mariée et j’ai eu des enfants alors...
Aujourd’hui je sais, je suis une psychothérapie et je sais que mon père était un malade il m’a détruite et pour continuer le travail (que je ne devais pas trouver assez complet) j’ai trouvé le moyen d’épouser (je vous le donne dans le mille) un malade. Eh oui, en psychologie cela se nomme une reproduction. Je me suis soumise à mon mari, dans le cadre d’une relation vanille bien entendu, sans m’en rendre compte. Je me suis enfoncée dans une relation totalement destructrice, acceptant tout : les insultes, les moqueries, la solitude, la dévalorisation constante, toute la violence psychologique qu’un être humain peut déverser sur un autre être humain. Et le pire c’est que la motivation de son comportement était l’amour qu’il avait pour moi. Il me disait tout haut ce que les autres pensaient tout bas et tout ça c’était pour m’aider bien sûr. Heureusement je me suis réveillée à temps, et la seule fois où il a failli lever la main sur moi (forcément je devenais de moins en moins docile) je l’ai quitté, je me suis sauvée, j’ai failli tout perdre ce jour-là (pas au niveau matériel, de toute manière je sais que je ne récupérais jamais rien) mais au niveau de mes enfants il s’est vengé, a failli réussir, mais la justice veillait…
Mais le bdsm dans tout çà, où est-il ? Eh bien, il était là, présent mais tu et bien caché. Bon, c’est vrai que j’avais un peu tâté le terrain (très légèrement bien entendu) mais pour lui c’était de la perversion, et ceux qui pratiquaient des malades (risible lorsqu’on pense à sa propre personnalité, mais à l’époque je n’en avais pas conscience bien sûr).
En fait c’était ancré au fond de moi, c’était mes fantasmes mais à l’époque je croyais que le propre d’un fantasme c’était de ne jamais être réalisé. De temps en temps je faisais quelques recherches sur internet, c’est là que j’ai appris le nom, que j’ai compris que je n’étais pas une rareté souffrant d’un mal inconnu. Il y en avait d’autres, même si en ce temps là je ne trouvais pas beaucoup d’informations sur la toile, je me rappelle en particulier d’un site (le seul que j’avais trouvé) Laïka, dressage d’une jeune femme soumise. Depuis, son Maître s’est transformé en Maîtresse et ils sont devenus des professionnels du bdsm (leur site est devenu payant d’ailleurs) en tout cas, si un jour elle venait à lire ces quelques lignes (on peut toujours rêver non ?) elle saura que j’ai appris beaucoup sur son premier site. Je rêvais d’appartenir à un Maître, je savais que des personnes se rencontraient sur la toile, mais il était hors de question d’aller avec un autre homme que mon époux, et en plus je ne me voyais pas du tout passer à l’acte avec un total inconnu. C’était totalement rédhibitoire pour moi.
Mais j’avais un ami. Je le connaissais depuis longtemps. C’est à lui que je me suis confiée lorsque j’ai craqué. C’est lui qui m’a expliqué ce que c’était la violence conjugale, il m’a forcé à voir ce que je refusais depuis tant d’année. Il m’a forcé à en parler à d’autres (des femmes surtout pour qu’elles me fassent prendre conscience que la vie d’une épouse ce n’était pas çà). Il m’a soutenu, écouté pendant des heures alors qu’il devait partir travailler le lendemain. Le téléphone illimité a été d’une utilité phénoménale. Un jour il m’a fait part de ses sentiments pour moi. Il m’a fait entrevoir une porte de sortie vers le bonheur, j’étais dans un autre monde. Et puis nous aimions écrire tous les deux, et nous nous sommes aperçus que nous avions les mêmes fantasmes, les mêmes désirs. Nous étions les deux côtés d’une même pièce
Nous n’avons pas fait de virtuel, je parlais, il parlait, nous nous écoutions. On savait qui on était, on connaissait nos sentiments, mais j’étais mariée et des centaines de kilomètres nous séparaient. Je me révoltais de plus en plus contre les exigences de celui qui était mon mari, je n’avais plus peur, jusqu’au jour où je me suis sauvée et j’ai atterri chez ce célibataire endurci qui m’a ouvert la porte de la même manière qu’il m’avait ouvert son cœur.
Nous sommes devenus un couple bdsm vivant en 24/7. Evidemment ça ne s’est pas fait tout seul, nous avons tâtonnés, nous nous sommes cherchés. En plus nous accumulions les difficultés : vie de couple, enfants, divorce plus que conflictuel, argent, dépression (j’ai failli m’écrouler) mais pas à pas notre vie s’est construite, chacun a pris ses marques dans une nouvelle configuration familiale.
Mon Maître ne connaissait absolument rien au monde du bdsm. Nous avons surfé ensemble, nous avons fait des recherches, nous avons rédigé un contrat qui reprenait les fameuses 12 règles de soumission. C’était une erreur, totalement inapplicable dans notre cadre de vie. En fait le contrat actuel est le résultat de 2 ans de vie commune et de 4 contrats signés et remaniés (si je le précise, c’est pour que ceux et celles qui nous lisent sachent que rien n’est figé et que l’on doit faire évoluer un contrat si il ne nous convient pas).
Nous avons acheté nos jouets ensemble, nous les avons testés et découverts et surtout nous nous sommes aimés. Maintenant j’ai la conviction absolue que je n’aurais pas pu offrir mon corps, si je n’avais pas offert mon cœur en même temps. Je n’aurais pas pu me donner à quelqu’un qui ne m’aimait pas. Grâce à lui je me découvre un peu plus chaque jour, mais je pense que c’est réciproque. Nous évoluons et nous grandissons ensemble, peut-être pas toujours au même rythme. Il y a des petits accrocs parfois, le bdsm ne règle pas tous les problèmes du quotidien (j’espère ne pas trop vous décevoir), mais le dialogue, la confiance, le respect et l’amour si.
Aujourd’hui je suis Thysminia, chienne soumise de Maître Dephysios, et je m’en porte très bien. De toute ma vie je ne me suis jamais sentie aussi protégée, câlinée et respectée qu’à l’heure actuelle.
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