
Il fut une époque ou affirmer son homosexualité était une épreuve extrême. Aujourd’hui, les choses vont un peu mieux mais c’est loin d’être le paradis. Mais il n’y a pas que les homos à avoir ce genre de problème. Même si le BDSM devient de plus en plus tendance, notamment au niveau des « sex toys », les gens ordinaires ne sont pas encore prêts pour accepter certaines révélations. Ce n’est pas encore aujourd’hui que je pourrais dire haut et fort ce que je suis : un Maître.
Alors que le débat sur la burka fait rage, je n’ose même pas imaginer ce qui m’arriverait si aujourd’hui, j’allais dire publiquement que je suis un Maître et que ma compagne est considérée comme un jouet sexuel sur pattes. Je n’aurais même pas eu le temps de finir ma phrase que toutes les associations féministes de France et de Navarre me seraient tombées dessus tels les anges de l’apocalypse. Pourtant, cet aspect de ma personnalité ne peut rester silencieux. C’est ma part d’ombre mais pour l’assumer, il me faut la mettre à la lumière. C’est ici qu’intervient ce site. Sa vocation n’est pas seulement de faire profiter les autres de mon expérience mais aussi et je dirais même surtout de me permettre de parler d’une chose qui pour moi est importante.
Je vie en 24/7. Le BDSM n’est pas un loisir que je pratique de temps en temps, par jeu histoire de mettre un peu de variété dans ma vie sexuelle. Je suis un dominant et pour moi, la D/s est une philosophie, un mode de vie à part entière. J’aimerai tant rencontrer mes amis et pouvoir leur dire ce que je ressens, mais je ne peux pas. J’aimerais tant que ma chienne puisse se monter telle qu’elle est sans être considérée comme un monstre. Cette femme avec laquelle je vis n’est pas un monstre. C’est une mère douce, protectrice (peut être même un peu trop mais qui pourrait le lui reprocher ?). C’est une compagne aimante, dévouée, mais espiègle (et ce ne n’ai pas moi qui vais m’en plaindre). Mais ni elle, ni moi ne pouvons parler de ce que nous sommes : un couple BDSM. Nous sommes condamnés à vivre cette passion dans l’ombre mais pas totalement. Ce site est notre bouffée d’oxygène. Un lieu ou sous couvert de l’anonymat, nous pouvons parler de nos ressentis, de nos espoirs, de nos déceptions.
Alors que tout le monde ne cesse de parler de respect et de tolérance, il n’échappe à personne que le Monde prend le chemin inverse. Le communautarisme et le rejet de l’autre parce qu’il est différent progressent tout les jours. Comment dans un tel climat oser avouer sa relation D/s ?
Il y a toujours la possibilité de rencontrer des gens de notre monde, mais là ou nous avons déménagé, nous nous sentons bien seuls. Les recherches sur le net ne donnent rien. Pourtant, dans mon carnet d’adresse, sur mon Palm, j’aimerais bien avoir une catégorie BDSM. Mais je crains fort que cela ne se réalise pas avant fort longtemps. De plus, le problème, c’est que cela va dans le sens du communautarisme, on se repli sur son monde alors que la richesse provient du mélange des mondes. Pourquoi faudrait-il être obligé de fréquenter des gens BDSM pour pouvoir en parler ? Pourquoi est-il si dur d’en parler avec des vanilles sans que cela dégénère ?
Pourquoi tant de haine ??????
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